Le principe de précaution, pourquoi l’appliquer en entreprise ?
Photo de Glenn Loos-Austin
Du développement durable, vous en faites déjà, spontanément dans vos décisions de tous les jours. A titre d’exemple, le principe de précaution. Quand vous achetez une crème solaire pour votre famille, vous vérifiez la liste des ingrédients ou validez que le produit sélectionné est « reconnu par l’association canadienne de dermatologie. » Au travail quand vous préparez un appel d’offres, vous vérifiez que le fournisseur devra démontrer sa stabilité financière. Par précaution, vous remettez sur les épaules des fournisseurs ou exploitants potentiels, la responsabilité de la preuve d’absence d’impacts négatifs.
Appliquer le principe de précaution, c’est exactement cela : plutôt que d’attendre les preuves scientifiques et hors de tout doute sur des menaces de dommages sérieux ou irréversibles liés à l’utilisation d’un produit ou service, vous prenez des mesures raisonnables de précaution.
S’il est aussi facile de faire du développement durable, pourquoi en parler autant ? Parce que dans une relation client-fournisseur, nous avons un réflexe de consommateurs avertis ! Mais est-ce suffisant ? Recommanderez-vous votre fournisseur si vous apprenez qu’il ne paie pas ses employés ? Et votre crème solaire si les médias rapportent que le laboratoire a des démêlés avec plusieurs pays pour ses déversements polluants dans les cours d’eau ? Évidemment il n’est pas possible de vérifier toute notre chaîne d’approvisionnement. Mais chaque maillon de la chaîne peut faire sa part !
En entreprise, la démarche est simple : il faut se demander comment assurer la continuité de l’entreprise d’abord dans la perspective clients-fournisseurs, puis en y intégrant les autres parties prenantes tels les employés, le milieu socio-économique, humain et environnemental qui accueille l’entreprise.
Qu’arrive-t-il quand le président d’une entreprise affirme :< Tous nos employés peuvent légitimement rentrer chez eux en santé.> ? On commence par considérer dans le prix d’un nouvel équipement, le prix des dispositifs de sécurité, ce qui finit par favoriser les fournisseurs de machines-outils dont les équipements sont déjà dotés de dispositifs de sécurité ! Puis, on forme les employés aux mesures de sécurité, on mesure la performance des gestionnaires sur le taux d'accidents de travail de leurs employés, pas juste sur la profitabilité. Dans le contexte actuel de rareté de main d’œuvre qualifiée, ces mesures s’appuieront sur une logique économique évidente. Et cet exemple est réel et vérifiable localement.
Voyez ce qui arrive quand le principe de précaution est appliqué à l’industrie du gaz de schistes. Les difficultés traversées par cette industrie sont des opportunités de s’établir sur des bases saines, pour durer. Appliquer le principe de précaution, c’est choisir de durer pour soi et pour les générations futures.
Imaginer vos propres scénarios de continuité, de durabilité. La démarche est à votre portée, toute simple.
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires
