Quelles alternatives à la croissance infinie ?


Auteur

Maxime Perron
maxime.perron@gmail.com

Information

Parution: 2009
Langue: Français
Centre Universitaire de Formation en Environnement
Université de Sherbrooke


Sommaire

La situation environnementale ne cesse de se dégrader partout sur terre. Alors que depuis plusieurs décennies des avertissements sont lancés, il semble que les efforts demeurent très en deça de la problématique. Dès 1972, le rapport Meadows : Halte à la croissance ? pointait du doigt la croissance comme un élément crucial à la source d’un effondrement potentiel de la société avant 2100. Les réponses des économistes à la crise écologique et sociale n’ont cependant jamais remis en question la croissance comme cause des défaillances du système économique capitaliste néolibéral. Pourtant, les limites à la croissance infinie sont clairement démontrées en regard de l’énergie disponible sur Terre et de la capacité des écosystèmes à renouveler les ressources naturelles. La lutte pour s’approprier ces deux éléments a déjà engendré de nombreuses injustices. Il semble n’y avoir qu’une seule solution pour éviter l’effondrement : décroître. 
 
La décroissance est un projet visant à fonder un système alternatif qui corrigerait les problèmes du système capitaliste néolibéral et qui permettrait à l’humanité de vivre en équilibre avec les ressources et les énergies disponibles. Ce projet n’est cependant qu’à l’étape d’évaluation d’opportunité, mais le temps presse et si le mouvement n’est pas enclenché rapidement, l’état de chaos qui suivra la chute de notre système actuel risque de rendre impossible la réalisation organisée de ce projet. La décroissance devra cependant faire face à de nombreux enjeux, le premier étant un changement radical de valeurs d’une masse critique de populations. 
 
L’étude des réseaux d’influence permet de conclure que c’est d’abord par l’influence des pairs que le changement de valeurs pourrait s’opérer avant d’entrer sur la scène politique où, actuellement, ce changement semble trop radical pour être adopté. 
 
Les solutions sur lesquelles fonder une société alternative sont pour la plupart déjà existantes : démocratie directe, système d’échanges locaux, réaménagement du territoire, efficacité énergétique, production alimentaire locale et restructuration complète du travail. Il n’y a pas à chercher bien loin, mais l’application de ces alternatives est confrontée aux valeurs du système actuel d’où la nécessité d’opérer d’abord un changement radical de valeurs. Il faudra définitivement de la conscience, de l’autonomie, de la créativité, de la coopération, de l’égalité et de l’adaptabilité pour enclencher certainement ce qui sera le plus grand projet de société du vingt et unième siècle.